À la croisée de la biographie, du récit et du roman, ce livre, Solitudes, carnets de voyages s’ouvre sur un paradoxe subtil : l’alliance inattendue du voyage et de la solitude intrigue.
Hélène, l’héroïne, y confie ses carnets de route : années d’apprentissage en Allemagne à la fin des années soixante ;
découverte de Prague et de la Silésie une décennie plus tard ; road trip aux États-Unis au début des années quatre-vingt ; été nomade en Chine ; maternité adoptive à Saïgon ;
échappées familiales à Chicago, au Japon, à Rügen, à Tallinn, à Trieste ; haltes rituelles à Juan-les-Pins…
Mais ces récits, loin de toute tentation pittoresque, ne sont ni cartes postales ni chroniques de l’ailleurs. Ils vibrent d’une sensibilité à vif, traversés par une conscience aiguë de la solitude — celle de la fille unique, du nourrisson abandonné, de l’enfant égaré, de la veuve, du migrant…
Et peu à peu, presque à son insu, cette solitude — vécue ou observée — s’infiltre dans chaque paysage, chaque rencontre, jusqu’à s’imposer comme le personnage principal de ses voyages.