Phukllay, jeux de pluie et sortilèges plonge le lecteur dans l’univers enchanteur de Ch’aska, descendante des K’anas, peuple millénaire des hauts plateaux de Cuzco. À travers ces contes trilingues – quechua, espagnol, français –, elle transmet la richesse d’une culture orale où nature, humains (runa) et divinités coexistent dans un équilibre paradoxal.
... son Éminence soulève bien haut son pinquyllo enchanté, puis se met à souffler dedans. La conque brille, porteuse de magie, caressée par les sirènes les nuits de pleine lune. Et malheur à ceux qui l’entendent, aïe, pauvre de moi, tous deviennent fous au son de la conque, et tombent sous le charme puissant de l’instrument.
… hinaspan Pukllay pinkuyllunta qallarin waqachiyta. “Sirinakunaq inkantasqan pinkuyllucha” nispa runaqa ñusphasparaq uyarinku Phukllaypa pinkullunta. “Chay sirinasqa pinkuylluta uyarispaqa uma arribatuwanmi hap’ichikunchisman, waq’ayanchismanmi, prinda mia” nispa runaqa ch’aqwarinku.
… su Eminencia levanta en alto su pinquyllo encantado y lo sopla. El instrumento brilla, tiene hechizo, ha sido acariciado por las sirenas en noches de luna llena. Y ay, pobres de aquellos que lo escuchan, ay, pobre prenda mía, enloquecen con su melodía y acaban cayendo en el encanto del instrumento.
Au cœur de la saison des pluies, le Phukllay– symbole de renouveau – ouvre les festivités du carnaval. Monté sur un cheval blanc, il fait résonner son pinquyllo et son charango, éveillant la terre et les cœurs. Les pluies torrentielles, musicales et insolites, fertilisent les champs et unissent les couples, tandis que sirènes et cascades ensorcellent les esprits.