Paula, dix-ans et demi, épileptique et dyslexique, et son père magnifique, généreux, la gueule cassée par le cancer, partent en vacances, dans une maison en bord de mer. Trois ans plus tard, elle nous fait le récit de cet été-là : les quatre cents coups avec son ami Patrick ; son coup de foudre pour Aurore ; ce qu’elle a dit ou caché à son père, pour le protéger de la mort qui rôdait... Drôle de couple père-fille qu’on suit sur les routes du Sud, les plages, les fêtes de villages, pour une dernière saison d'insouciance, comme on regarde Charlie Chaplin et la gamine partir vers le soleil à la fin des Temps modernes.
Comment se projeter dans un avenir quand la route est accidentée ? Avec une imagination débordante et une intelligence qui transcendent les règles du monde adulte et de l'orthographe, Paula nous raconte, surtout, le monde de l’enfance, la justesse de ses émotions et la violence de sa fin. Un premier roman terriblement sensible, drôle et émouvant, qui rend hommage à la différence, à la langue française et à la vie.
« Parfois, je n’ai vraiment pas de vocabulaire. Avec tout ce que je lis, ça me fout par terre. Apparemment, mon plus gros problème, c’est la conjugaison. Je sais pas faire une foutue rédaction à cause de ça. Je confonds tous les temps, à croire que je sais plus faire la différence entre le présent et le passé. Devinez, j’aimerais que tous les temps soient les mêmes. Pour qu’on soit jamais séparé des morts et de toutes ces secondes qui disparaissent. »