Peinte au début du XVIe siècle, Joconde est longtemps restée inconnue du grand public. C’est seulement sous le Second Empire qu’elle acquiert un début de renommée, grâce à des écrivains qui en parlent, comme George Sand ou Théophile Gautier. Un événement va toutefois la catapulter au faîte de la célébrité : en 1911, La Joconde est volée. Aujourd’hui, véritable ' monstre de foire ', elle attire chaque jour plus de 18 000 visiteurs.
Mais pourquoi est-elle devenue le symbole de la peinture occidentale ? Et surtout pourquoi ce simple portrait d’une bourgeoise florentine sert-il de souffre-douleur à une pléthorique production artistique ? Depuis un peu plus d’un siècle, en effet, Monna Lisa est travestie, parodiée, détournée, défigurée par de nombreux artistes : Kasimir Malevitch, Marcel Duchamp, Fernand Léger, René Magritte, Andy Warhol, Annette Messager, jusqu’à Jeff Koons. Pourquoi un tel acharnement ? Se peut-il qu’il nous éclaire sur les fondements de l’art moderne ?
Avec esprit, et non sans espièglerie, Philippe Comar signe ici un petit livre qui donne quelques pistes pour mieux regarder celle qu’on ne fait plus que voir et qui, à force de gloire, nous est devenue opaque.