Ce livre n’est pas seulement un hommage à Moussa Diop etaux praticiens de l’École de Fann, où Africains et Occidentaux inventèrent une parole commune avec les mots de la science, un penser ensemble, ex-colons et ex-colonisés, l’angoisse qui tourmente les hommes quand le manque échappe à la pensée.
Il ne s’agit pas seulement d’anthropologie, mais de traversée : des langues, de l’Afrique à l’Occident, de l’imaginaire au symbolique, du silence à la parole.
L’auteure y élabore le transitivisme du père, quand un homme ouvre à un autre ou à un enfant l’espace des discours imaginaires de sa langue, quand il leur parle de leurs mères, de la Mère, qui manquera toujours. Violences et espoirs : quand l’angoisse défie les mots, quand le manque se soustrait à la pensée, quand la liation bute sur l’Histoire.
Après ses trente ans de vie à Dakar, l’auteure dialogue avec Freud, Lacan, Castoriadis et les réalités africaines. Elle lit les effets délétères des discours sur les corps et les psychés, avec une conceptualisation inédite. L’angoisse, loin d’être un simple
affect individuel, devient le lieu d’une rencontre déchirante entre l’intime et l’Histoire.
Cet essai s’adresse à tous : cliniciens, chercheurs, éducateurs, enseignants, humanitaires, et à quiconque s’interroge sur les façons de « devenir un homme », une femme, ou simplement un sujet dans un monde en mutations.