"Vous pourriez écrire sur Joseph Diop !" me lança Evans. Joseph Diop ? Ce nom m’était familier, et pourtant je peinais à placer sur lui un visage, une histoire encore moins. "Vous savez, continua Evans, cette ancienne star de Liverpool, ce footballeur sénégalais parti en Chine en 2010 – à moins que ce ne soit 2011 ? On lui a tout fait là-bas, tous les sales coups possibles, et puis en fin de saison, alors qu’il venait de se trouver un nouveau club au Qatar, pouf, Diop a disparu des radars, du jour au lendemain. Envolé ! On ne l’a plus jamais revu." Joseph Diop, bien sûr. Le souvenir de cette drôle d’affaire remontait à la surface. "Pendant quinze jours, trois semaines, tout le monde en a parlé, reprit Evans. Et puis c’est retombé comme un soufflé, on est passés à autre chose. Comme d’habitude. C’est assez ironique quand on y pense, parce que ce type a fait les gros titres en Europe et en Asie pendant des années – il a même sa statue à Liverpool ! Mais à part nous, aujourd’hui, qui se souvient de Joseph Diop ?" La question d’Evans a résonné, longtemps. Comme un mystère à percer, celui de l’ascension et de la chute d’un homme. Elle m’a poussé à me lancer sur les traces de Diop.