L’Algérie ne s’est pas refermée. Elle continue de traverser les corps et les familles en perfusion. Des décennies après le départ, les silences persistent.
Marie n’écrit plus. Le corps lâche, l’alcool apaise, la nuit déborde. Sur prescription médicale, elle revient dans la maison familiale, repeinte en bleu Tipaza. Une couleur héritée d’une mémoire encore à vif.
Alors qu’elle est en quête d’inspiration, une enveloppe refait surface. Des lettres datées de 1962, écrites depuis un hôpital de Dax. Celles de Moune, la grand-mère.
Marie retrouve le goût de raconter. Raconter cette Algérie d’avant. Belcourt, Alger, Rouiba, l’insouciance, le bleu, Camus, la guerre, la peur, le départ. Ce qui se défait. Ce qui ne sera jamais réparé et ce qui n’a jamais été nommé.
Roman fragmentaire, Bleu Tipaza mêle récit contemporain et correspondance. Il interroge l’héritage et l’écriture comme tentative de tenir, lorsque tout menace de céder. L’Algérie s’entremêle à l’Espagne. L’exil au déracinement. Bleu Tipaza cherche à réconcilier deux mondes. Un double parfum déchirant et enivrant.