Le contre-amiral Mathieu-Marie Le Dall de Tromelin (1739-1817), vit sa vie marquée par la Marine et la fonction publique. Un mariage créole l’engagea, malgré lui, dans des problèmes coloniaux insolubles en raison d’une plantation à Saint-Domingue (Haïti) peuplée d’esclaves sous la férule de la terrible belle-mère de son épouse. Cet aspect de sa vie a fait l’objet d’un précédent ouvrage aux éditions SPM. Sa carrière fut peuplée d’aventures, dans lesquelles il croisa de multiples personnages historiques dont La Pérouse (sa correspondance révèle des détails inconnus). Après avoir traversé la guerre de Sept Ans et celle d’Amérique, il sera un des seuls officiers supérieurs de l’ancienne Marine à servir la Révolution. Sous le consulat, il devint propriétaire du château du Coëtlosquet à Plounéour-Menez, au pied des monts d’Arrée. Nommé maire, comme principal propriétaire terrien du pays, doublé d’un conseiller d’arrondissement, il joua un rôle considérable dans l’organisation communale. C’est à lui qu’incomba la tâche ardue d’introduire le Code civil, ou code Napoléon, dans les mœurs.
Sa femme, Nanette (1749-1829), amie de Louise Broudou (épouse La Pérouse), était une femme instruite et de grand caractère, humoriste, qui écrivit toute sa vie de longues et remarquables lettres et sut prendre de graves décisions, souvent humanistes, notamment en ce qui concernait leurs esclaves.
Son fils, le capitaine de frégate Sébastien-Joseph (1774-1851) – qui contrairement à son père, avait émigré pendant la Révolution et connut d’extraordinaires aventures aux Isles et au service de l’Espagne – lui succéda quelques années durant à la même mairie, résolvant divers problèmes de structure qui allaient marquer le bourg et la commune pour une longue période.
Ce livre est en grande partie établi à partir des archives personnelles inédites de l’amiral, conservées dans un fonds privé.