De la Révolution, on croit tout connaître, ses grands noms, ses grands textes et ses symboles. Mais que sait-on de la littérature à laquelle elle a donné lieu ? Peu de chose, en général, coincée qu’elle est entre les Lumières et le romantisme. Paradoxalement, pourtant, on n’avait jamais autant publié ni lu qu’à cette période, et peut-être même jamais autant débattu de littérature ! Condorcet, Mercier, Beaumarchais, mais aussi Manon Roland, Olympe de Gouges, Germaine de Staël ou encore Ann Radcliffe… Autant de figures qui sont prises dans le mouvement de l’histoire et s’en font l’écho dans leurs écrits. Avec elles, la littérature devient même une activité collective. Collective et engagée, tant il est vrai que les idées circulent avec les mots. La littérature de la Révolution se révèle à cet égard étonnamment innovante, du point de vue tant formel et stylistique que politique. Pour raconter cette histoire, Olivier Ritz a passé méthodiquement en revue toute la riche production qui a paru jour après jour de 1788 à 1801, nous replongeant à hauteur d’hommes (et de femmes !) dans une histoire en train de s’écrire.