Voici plusieurs écrits tirés de l’oubli et rassemblés ici par l’auteur, accompagnés de photographies, dessins et reproductions. Volume exceptionnel qui offre une sorte d’atelier autobiographique de cette œuvre majeure de la littérature française contemporaine. Pour la plupart, ces textes sont des exercices d’admiration – littéralement « ce dans quoi l’on se reconnaît ». Valère Novarina s’est reconnu dans les figures tutélaires que furent pour lui Dante, madame Guyon, Roger Blin, Alain Trutat, Dora de Chevilly ; mais aussi des personnages moins connus comme François Ducret (alias Fanfoué le Piot), sculpteur sur bois, le menuisier Jean la Grêle, avec lesquels il prit des « leçons de patois » ; ou encore l’artiste Jean-Paul Thibeau, et Pierre Caran, directeur de la médiathèque de Thonon – autant de compagnonnages qui ont permis à Novarina d’entrer en scène dans le langage. Ces figures ont confirmé une vocation, une inspiration déjà opérante chez lui. Certains textes sont des hommages, d’autres des manifestes, qui témoignent à la fois d’une filiation et du cheminement d’une pensée, d’autres encore, théâtralisés (La main), proches de l’aphorisme (Retouches) ou du journal (Animal pratiquant), sont le versant abrupt, vertical et lapidaire de son travail protéiforme. Rien de tel que ces écrits composés en marge des œuvres – la sienne ou celle des autres –, à la manière, explique Novarina, des « entrelacs médiévaux », pour comprendre la mémoire active de son travail. Pour pénétrer « l’atelier volant » de Novarina, et suivre cette main qui est selon lui « l’organe de la parole ». Qu’importe qu’elle soit celle de l’écrivain, du dramaturge, du peintre, du dessinateur, du photographe, du metteur en scène, du disciple ou du méditant, il s’agit toujours de la main qui offre, délivre, et célèbre la parole.