Mehdi Akhavan Salès est une des figures marquantes de la poésie contemporaine iranienne. Engagé dans un dialogue critique avec le passé, il déploie dans ses poèmes un allégorisme, un symbolisme, un mélange minutieux des styles classiques et une familiarité avec la nouvelle poésie (vers libre).
Marqué par les ténèbres qui règnent dans les années 50, et surtout le coup d’État de 1953, il dépeint dans ses premiers recueils Orgue puis Hiver la mélancolie morose de toute une génération intellectuelle qui se sent trahie, à travers une vision hivernale de la société iranienne. Bien que la question socio-politique domine, la sincérité de ses vers se ressent grâce au pouvoir implicite de l’image, quand les poètes de son époque privilégiaient les plaidoyers en faveur d’une idéologie politique.
Dix-neuf de ses poèmes ont été choisis pour être traduits ici, dont quelques-uns (comme Cri, Hiver, Ghassedak, qui furent chantés par une figure emblématique de la musique classique iranienne, Mohammad Reza Shadjarian) évoquent une nouvelle poésie épique et légendaire.