Pourquoi nos démocraties libérales échouent-elles à répondre à l’urgence climatique ? Ce problème révèle que la monnaie n’est pas seulement un outil économique, mais c’est aussi une technologie politique qui structure nos responsabilités, nos discours et nos subjectivités. C’est que, à travers l’histoire occidentale, du domaine domestique aux institutions étatiques, des pratiques commerciales aux formes du salariat, les individus ont été façonnés par leur rapport à la dette, à la souveraineté et aux moyens de paiement.
Ce livre explore comment la circulation monétaire organise, à travers l’histoire, la rationalité sociale, par l’accréditation de certaines voix, et la commande du travail en silence. Et, en interrogeant la formation historique des sujets consommateurs, investisseurs, et citoyens, il esquisse des voies pour repenser nos pratiques politiques et économiques, au-delà des imaginaires insurrectionnels, vers des stratégies concrètes de transformation.
L’ouvrage est composé de trois tomes. Ce deuxième tome parcourt les transformations des systèmes monétaires depuis les premiers siècles du christianisme jusqu’à l’avènement des États-nations au XVIIe siècle après J.-C. Une attention particulière est portée à la période de la Renaissance des cités-États en Occident, ce qui permet d’éclairer les conditions d’apparition de la bourgeoisie, l’émergence de la Réforme humaniste de l’esprit, et l’éclosion du concept de raison d’État.
La réflexion théorique qui accompagne le cheminement vise à montrer comment la discipline du travail — de l’esclavage au servage, jusqu’à la subordination salariale — tombe progressivement sous le contrôle de l’investisseur bourgeois.
Ce tome met ainsi en lumière la transformation lente mais décisive des structures sociales qui préparent la modernité libérale.