Pourquoi nos démocraties libérales échouent-elles à répondre à l’urgence climatique ? Ce problème révèle que la monnaie n’est pas seulement un outil économique, mais c’est aussi une technologie politique qui structure nos responsabilités, nos discours et nos subjectivités. C’est que, à travers l’histoire occidentale, du domaine domestique aux institutions étatiques, des pratiques commerciales aux formes du salariat, les individus ont été façonnés par leur rapport à la dette, à la souveraineté et aux moyens de paiement.
Ce livre explore comment la circulation monétaire organise, à travers l’histoire, la rationalité sociale, par l’accréditation de certaines voix, et la commande du travail en silence. Et, en interrogeant la formation historique des sujets consommateurs, investisseurs, et citoyens, il esquisse des voies pour repenser nos pratiques politiques et économiques, au-delà des imaginaires insurrectionnels, vers des stratégies concrètes de transformation.
L’ouvrage est composé de trois tomes. Ce troisième tome suit la maturation des systèmes monétaires fondés sur le crédit bancaire, depuis l’âge classique des grandes compagnies maritimes mercantiles jusqu’à l’essor du capitalisme financier néolibéral à la fin du XXᵉ siècle.
La réflexion théorique qui accompagne le cheminement cherche à montrer comment la mathématisation du monde a été stimulée par ce mouvement historique, et comment la production de l’imaginaire occidental s’est progressivement trouvée soumise à la logique de l’investissement marchand.
Ce tome construit ainsi un regard sur les conditions d’émergence d’une gouvernementalité probabilitaire qui est en train de nous mener vers un assujettissement numérique.