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Résumé

Chapitre 1
Le Plateau-Mont-Royal
Figure-phare de la montréalité

Kenza Benali


Comme plusieurs quartiers centraux des villes occidentales, le Plateau- Mont-Royal a connu, après une période de déclin au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une renaissance remarquable grâce, entre autres, à une politique de revitalisation urbaine (patrimonialisation, restauration du bâti, réhabilitation des artères commerciales, etc.) mise en oeuvre par les instances publiques. De façon synchrone à ce renouveau, le Plateau a été l’un des quartiers touchés par le phénomène dit de reconquête par la classe moyenne ou de gentrification, effet fréquent des exercices de revitalisation ailleurs dans le monde également. En effet, autrefois mésestimé, le quartier acquit dès les années 1970, à travers certains mouvements sociaux, une notoriété inédite, et ce, malgré une saignée de sa population durant la même décennie. Partant de l’idée que l’identité spatiale d’un territoire relève autant de données géographiques objectives que d’un ensemble de représentations sociales (Bailly et al., 1995), ce chapitre retrace, à travers l’analyse des quotidiens montréalais de 1969 à 1998, les événements (mutation physique et sociale), mais aussi les discours qui ont concouru à l’image actuelle du Plateau-Mont-Royal. La première partie du chapitre porte sur la délimitation territoriale. La deuxième partie dresse un bref historique du quartier. La troisième partie est consacrée aux caractéristiques physiques et idéelles. Enfin, dans la conclusion, nous revenons sur les moments forts de cette revalorisation urbaine qui a propulsé le Plateau au rang de quartier mythique de Montréal.


1. La situation géographique

Situé au coeur de Montréal, le Plateau est l’un des plus vieux quartiers de la ville (figure 1.1). Ce territoire d’une superficie de 8,1 km² est délimité au sud par la rue Sherbrooke, l’une des principales artères de la ville, et bordé au nord et à l’est par la voie ferrée du Canadien Pacifique. Quant à la limite ouest, elle longe la rue Hutchison (au nord de l’avenue du Mont-Royal), l’avenue du Parc (entre l’avenue du Mont-Royal et l’avenue des Pins) et la rue University (au sud de l’avenue des Pins) (Le Bot, 2002). Il compte actuellement une population de 100 390 habitants (données de 2011) et constitue la zone la plus densément peuplée de Montréal.



2. La formation et la transformation du quartier

2.1. XVIIIe siècle : un premier noyau autour des carrières

Dès la première moitié du XVIIIe siècle, la cité de Montréal déborde largement de son enceinte datant du Régime français. En 1792, l’administration de Montréal décide d’étendre ses limites à 100 chaînes des fortifications (pour se fixer sur l’actuelle rue Duluth), englobant les différents noyaux d’habitations extra-muros, à savoir le Faubourg des Récollets à l’ouest, le Faubourg Québec à l’est et le Faubourg Saint-Laurent au nord (Lussier, 1984). À cette époque, le chemin Papineau (avenue aujourd’hui) est également tracé, permettant de relier la ville à la rive nord de l’île. L’ensemble du territoire du Plateau est composé de deux territoires agricoles situés à l’ouest et à l’est du chemin Papineau : la Côte-Saint-Louis et la Côte-de-la-Visitation. La partie sud de la Côte-Saint-Louis est nommée la « Côte à Baron », en raison du nom du propriétaire d’une de ses terres, un dénommé Jean Augé dit Baron. Bordant de part et d’autre l’actuelle rue Sherbrooke, elle annonce les hauteurs de Montréal, dominées par de vastes terres agricoles et une riche forêt qui servait notamment de terrain de chasse pour les citadins fortunés. Vers 1760, un dénommé Jean Brazeau achète aux Sulpiciens, seigneurs de l’île de Montréal, une large bande de terrain située aux environs des actuelles rues Henri-Julien et Mont-Royal (Lussier, 1984). Durant les années qui suivent, un officier de milice anglais habitant sur le site, M. Fay, fait tracer quelques sentiers. Cette pratique va permettre la découverte de grands gisements de pierre calcaire propice à la construction. Cette découverte attire aussitôt des investisseurs qui se pressent d’acheter des terrains et d’y installer des équipes de manoeuvres. L’extraction de la pierre, qui commence en 1773, donne le coup d’envoi au développement urbain de la zone (Courcy-Legros et Verret, 1979). D’autres carrières de pierre seront par la suite découvertes et exploitées de part et d’autre du « chemin des Carrières » (figure 1.2). Un autre pôle de développement émerge, autour de la tannerie construite en 1800 par M. Plessis dit Bélair, située sur le terrain entre les actuelles rues Saint-Denis et Henri-Julien (Lussier, 1984). L’agglomération qui prend forme dans cette partie du Plateau sera nommée jusqu’à la moitié du XIXe siècle le village des « Tanneries des Bellaire ».

Caractéristiques

Editeur : Presses de l'Université du Québec

Auteur(s) : Juan-Luis Klein, Richard Shearmur

Publication : 26 avril 2017

Edition : 1ère édition

Intérieur : Noir & blanc

Support(s) : Contenu téléchargeable [PDF]

Contenu(s) : PDF

Protection(s) : DRM ACS4 (PDF)

Taille(s) : 1,1 ko (PDF)

Langue(s) : Français

Code(s) CLIL : 3395

EAN13 Contenu téléchargeable [PDF] : 9782760547216

EAN13 (papier) : 9782760547209

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