De savoir oral et de relations directes, les coutumes sont peu à peu devenues des usages écrits. Elles ont alors changé de nature et de statut. L'écrit seigneurial est devenu une preuve juridique, il a ainsi participé à la construction du lien qui unit le seigneur et ses dépendants. Il s'est aussi entouré de formulations solennelles, d'une rhétorique s'appuyant sur les institutions et le territoire, intégrant une hiérarchie sociale. Il inscrit les relations de pouvoir dans l'espace, en constitue la mémoire et donne une image déformée du rapport de domination. Parallèlement le rapport de force devient plus tendu à la fois à l'intérieur de la seigneurie et entre celle-ci et le pouvoir royal. Que reste-t-il alors de la culture populaire orale ? Des pratiques, des croyances, tout ce qui a été nommé folklore au XIXe siècle, qu'on ne peut pas penser en dehors de leur rapport avec le pouvoir royal, la seigneurie et l'Eglise. Les changements ne suppriment pas nécessairement ces formes d'expression mais en modifient le sens et leur attribuent de nouvelles fonctions. Une étude très intéressante sur cette longue évolution et la formulation juridique des us et coutumes, un aspect méconnu du passage de la féodalité à la modernité dans le royaume de France : le nouveau statut de la preuve mis en place au XVIe siècle et le formalisme juridique ont bien leur part dans la construction de l'Etat monarchique moderne.
Collection : Le Nœud gordien
Publication : 27 février 2025
Édition : 1re édition
Intérieur : Noir & blanc
Support(s) : eBook [ePub], eBook
Contenu(s) : ePub
Protection(s) : Marquage social (ePub)
Taille(s) : 119 ko (ePub)
Langue(s) : Français
Code(s) CLIL : 3388, 3377
EAN13 eBook [ePub] : 9782130739036
EAN13 (papier) : 9782130555018
Martine Grinberg, Yvette Trabut
7,99 €
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