Face à l’importance des entreprises autobiographiques ici accompagnées, on a fait le choix d’interroger la nature du désir, ou les dispositions amoureuses des sujets.
Peu de textes sont plus connus que la fameuse « idylle aux cerises » insérée par Jean-Jacques Rousseau dans ses Confessions, et qui fait ici l’objet d’une lecture minutieuse. Plus confidentielles, comme l’ensemble de l’œuvre, les idylles amiéliennes. Si certaines d’entre elles ont cependant fait l’objet d’analyses et de commentaires, on s’attachera ici à la moins connue, peut-être, celle que l’auteur du Journal intime appelle lui-même « cette idylle germanique », qui aura sans doute été pour lui l’événement le plus important de sa cure aux bains d’Ems pendant l’été 1877. Enfin, entre autres vertus de ses propres carnets intimes, Roland Jaccard demande à son écriture de conserver la trace de ses innombrables rencontres amoureuses, entre lesquelles il serait bien difficile de choisir.
Il s’agit donc ici, non pas tant de l’assouvissement — le plus souvent décevant — que de l’éveil ou du réveil et de la montée en soi d’un désir singulier. Dis-moi qui tu aimes, comment tu aimes, quels êtres, quelles circonstances et quelles conditions éveillent et soutiennent en toi un trouble ou un émoi sexuel ou amoureux, et je te dirai qui tu es.