Andrée Yanacopoulo est née à Tunis, d'une mère « française de France » et d'un père moitié grec, moitié italien. Elle garde un souvenir ébloui de la Tunisie, cette Ifriqiya où se rencontrent l'Orient et l'Occident et où résonnaient pêle-mêle l'arabe, le français et le sicilien. Elle s'installe en France, où elle passe son bac et fait des études de médecine. Pendant qu'elle se spécialise en psychiatrie, elle fonde une famille, a trois enfants. Elle arrive au Québec en pleine Révolution tranquille. On lui offre un poste de recherche et d'enseignement en psychiatrie sociale et transculturelle à l'Université de Montréal. Un ami lui présente un écrivain qui vient de faire paraître dans la revue Liberté un article intitulé « La fatigue culturelle du Canada français ». Il s'appelle Hubert Aquin. Onze ans plus tard, quand celui-ci lui annoncera sa disparition prochaine, elle ne pourra lui dire que : « Tu m'auras construite autant que détruite. »