Au milieu des années 1980, Margot est contrainte de quitter son appartement parisien pour une maison de retraite nichée au milieu des Yvelines. La maladie efface peu à peu son présent, mais laisse intact le passé, qu’elle traverse à rebours. De cette mémoire qui s’effrite remonte l’histoire d’une famille séfarade de Bitola, dans les Balkans, dont la langue était le judéo-espagnol et le monde, celui de l’Empire ottoman finissant.Enfant, Margot connaît déjà l’exil : l’incendie de Salonique, puis l’installation à Paris dans les années 1920, à proximité du « petit Istanbul » de la Roquette, parmi oncles, tantes et cousins. Elle épouse Joseph, dit Pepo, boxeur au cœur tendre, et part tenir une boutique de mode à Besançon. La guerre les y rattrape, isolés des leurs.Son existence bascule lorsque, à l’été 1941, les hommes de son entourage sont arrêtés par la police française. Dès lors, l’étau se resserre autour de Margot et de ses enfants, jusqu’à cette nuit du 4 au 5 novembre 1942 où la police frappe à leur porte. Poignant et authentique, ce roman historique, où se mêlent plusieurs voix, met en lumière le combat d’une famille qui essaie d’échapper à la barbarie nazie.