Dans un monde où le désordre, la complexité et l’incertitude deviennent la norme, les organisations s’éloignent des modèles rigides pour explorer des formes plus flexibles et agiles. À cela s’ajoutent les bouleversements induits par les technologies numériques et l’intelligence artificielle, les crises successives, les transitions énergétiques et les bouleversements géopolitiques qui produisent de nouveaux types de désordre et de complexité.
La désorganisation, qu’elle soit subie ou structurelle, vient bouleverser les équilibres établis. L’histoire de la pensée organisationnelle révèle d’ailleurs que les organisations n’ont jamais été totalement rationnelles ou ordonnées. Traversées par des jeux de pouvoir, des routines informelles, des résistances et des contradictions, elles font du désordre une caractéristique constitutive de leur fonctionnement. Les théories de la complexité, des systèmes ou de l’innovation permettent de mieux appréhender ces dynamiques, en valorisant une posture d’écoute, d’adaptation et de coévolution. Innover dans et grâce à l’incertitude devient alors une compétence stratégique. De même, la complexité et le désordre doivent être perçus comme un état fertile, porteur de créativité, d’innovation et de transformation.
C’est dans cette perspective que s’inscrivent ces différentes contributions, qui proposent des études de cas, des dispositifs expérimentaux, des modélisations et des réflexions théoriques sur les nouvelles figures des organisations contemporaines.