1960-1966. Ce récit n’est pas celui d’une réussite, mais d’une dérive créatrice entre perte et invention. Tout commence à Paris, ville longtemps rêvée avant d’être réinventée ailleurs. Ni vainqueur ni vaincu, j’avance porté par l’espoir, marqué par l’absence d’un père disparu trop tôt. Ce vide ouvre une quête intérieure qui ne me quittera plus. À l’école, je m’efface ; je trouve refuge dans le dessin et la musique. Avec un premier groupe rock, je goûte à la scène à l’Olympia : une ivresse brève mais fondatrice.Réfractaire aux normes, je glisse dans la bohème du Quartier latin et de Montmartre. Créer devient une manière de survivre. Entre cafés enfumés, nuits sans attaches et amours fugitives, je cherche une intensité pour combler le manque.Je pars ensuite en Angleterre avec deux amis, attiré par la contre-culture. A Bournemouth j’y découvre la pop music, les beatnicks, le free love, les frictions entre Mods et les Rockers, les drogues douces et une autre langue. Dans un petit B&B où je travaille, un flirt d’été me révèle la fragilité des instants suspendus.De retour à Paris, l’ailleurs continue de battre en moi. Avec le groupe Les Capitals, je pars en tournée à travers la France. Un disque enregistré chez Barclay laisse entrevoir une gloire éphémère.Je refuse aussi l’appel aux armées. Réformé, j’en tire une peine de prison : l’adversité ne me brise pas, elle me construit. À travers l’errance, l’exil et la création, j’apprends à habiter le monde.