Je suis le dernier à écrire sur les Halles de Paris. Les dernières vraies Halles, celles qui vivaient la nuit, celles qui sentaient la sueur, le vin blanc, le poisson, la terre mouillée et le café brûlant sans oublier nos compagnons les rats. Celles qui ont disparu en février 1969, rasées comme si elles n’avaient jamais existé. J’ai quatre-vingt-cinq ans, et ma mémoire tient encore debout. Alors, moi je raconte.Ce livre n’est pas un reportage, ni une légende ni un regret. C’est une mémoire vivante. Un témoignage brut, humain, irremplaçable sur le « ventre de Paris » avant – et après – sa disparition. J’y habitais. J’y travaillais au cœur de Paris.