Sous un ton mordant et une écriture qui gifle, Rose Bonbon raconte l’histoire d’Angélique, petite fille née dans un monde où l’amour s’est fait la malle. Entre une mère fracassée par la vie, un père violent, des bistrots enfumés et des escaliers qui puent la pisse, elle apprend très tôt que survivre, est un métier. Heureusement, dans ce décor de gueules cassées, brille une étoile : Mamy, cette femme douce, cultivée, drôle, qui lui ouvre les portes d’un autre univers – celui du raffinement, de la culture et de la tendresse. Entre week-ends de chaleur et semaines de chaos, la fillette grandit en funambule, tiraillée entre deux mondes que tout oppose : la chaleur et le givre, le rire et la honte, la beauté et la crasse. Quand la DDASS s’en mêle, le mot “foyer” prend un goût nouveau : règles, prières, discipline, sécurité aussi, mais sans bras pour consoler. Alors Angélique apprend à remplacer les câlins par des mots et les larmes par le rire – celui qui claque, celui qui sauve. Trente ans plus tard, elle raconte. Sans fard, sans pathos, avec la gouaille d’une survivante et l’humour d’une reine cabossée. Rose Bonbon n’est pas une histoire triste : c’est une histoire de courage et de tendresse, celle d’une enfant qui refuse de crever, qui choisit de comprendre plutôt que de haïr, et qui finit par transformer la honte en lumière. Un texte brut et bouleversant, aussi drôle que cruel, où l’on rit souvent les yeux mouillés.