Mais qui est donc cet Émile Fidelle, dont on apprend l’existence et la mort en camp de concentration, soixante ans après les faits ? Résistant, arrêté par la Gestapo, il appartenait à une loge maçonnique lilloise. C’est parce qu’il est membre de cette même loge et qu’il souhaite remettre un peu de lumière sur ce frère disparu qu’Arnaud enquête.Peu à peu, patiemment, consultant des documents anciens et interrogeant quelques derniers témoins, il tisse les fils entre les années 1930, la guerre, l’occupation nazie et la période contemporaine. Il découvre avec étonnement des itinéraires singuliers : un instituteur socialiste devenu collabo, un commissaire de police qui a fait le choix d’être résistant… Il voit aussi comment l’Histoire et les histoires familiales ont été altérées à travers le prisme des mémoires, comment la Vérité s’est diffractée en autant de vérités partiales et intéressées, comment les idéologies censées construire les hommes les déforment aussi bien souvent sans qu’ils en aient conscience.Arnaud progresse dans sa recherche. Il se veut le transmetteur, le passeur, pour que soit entretenu le souvenir du « frère » Émile, pour que celui-ci « ne meure pas deux fois, son être et sa mémoire, l’un et l’autre prisonniers du sol gelé, en lisière de Baltique ».