Ce numéro d'Études littéraires propose une exploration de l'univers du féminin proustien, traversé par des modèles paradoxaux dont la force réside dans leur instabilité et leur constante réévaluation. Qu'il s'agisse de la captivité réelle ou symbolique d'Albertine, de la remise en question de l'autorité narrative au profit des personnafes féminins, des ruses d'une prisonnière devenue souveraine, des mariages motivés par la dot et l'héritage, de l'opposition classiste et genrée aux messages de propagande, ou encore des fuites vers des relations queer moins contraignantes ou par le biais de l'intermédialité, chaque contribution sait que la dynamique entre captives et fugitives n'a rien d'une dichotomie, mais se dépoie comme un rythme, un mouvement dans lequel tout lecteur de Proust peut espérer non pas se situer mais obtenir un aperçu de sa trajectoire.