Maurice Ternon, sergent dans le 1er régiment de Zouaves, décède sur le front le 17 juillet 1918. D’août à décembre 1914, il a rapporté presque quotidiennement les faits dont il fut témoin, lui qui participa en première ligne aux batailles de Charleroi, de la Marne et de l’Yser. Ce carnet est complété d’une correspondance de plus de 200 lettres, à sens unique, qui racontent un homme simple, un homme égal comme il l’aurait aussi bien été à travailler les champs, et révèlent la tendresse qui unit ce garçon à sa famille. Sans emphase ni héroïsation, ses mots racontent la fatigue, l’attente, l’attachement aux siens, et une lucidité intacte face à la guerre.
Dans le fracas de la Première Guerre mondiale, des millions de vies furent brisées, laissant derrière elles des trajectoires familiales à jamais bouleversées et une mémoire à reconstruire. En rassemblant ces archives familiales, l’historien Yves Ternon, le neveu de Maurice, propose une réflexion profonde sur le devoir de mémoire, entre liberté individuelle et exigence de vérité historique.