Le titre de ce livre aurait pu être « Une femme combattante », tellement Nicole de Hauteclocque dû faire face, dès ses vingt ans, à l’adversité.
Que celle-ci soit publique : la guerre, la Résistance, les trahisons, son engagement politique dans un monde d’hommes ; ou intime : l’abandon de son époux, la perte de sa fille, la dérive de son petit-fils. Cette Résistante de la première heure, cette Française libre, cette femme pionnière en politique, fut tout d’abord « Marc », puis « Sylvie », aux heures sombres de l’occupation, quand déjà « la France occupait la première place dans son cœur ».
« Nicole », la paix revenue, devait trouver matière à employer son tempérament de feu dans les âpres luttes politiques. Elle fut la première femme présidente du Conseil municipal parisien en 1972, demeura 42 ans au Conseil de Paris pour le XVe arr. et siégea à l’Assemblée nationale puis au Sénat jusqu’à sa mort en 1993. Mais cette mère et grand-mère très aimante perdra le combat contre la dépression de sa fille unique Brigitte, dont elle portait le poids. Elle gagnera celui de la rédemption, en extirpant son petit-fils adoré du gouffre dans lequel il allait se noyer, donnant un vibrant exemple de ce que l’amour et la combativité peuvent vaincre de toutes les oppositions.
Qui d’autres que son petit-fils, qui deviendra son fils par adoption, pouvait mieux raconter cette vie flamboyante et meurtrie ?