À Anniciaca, on ne disparaît pas. On est effacé. Dans cette cité de cuivre, de verre et de vapeur, le registre décide de tout : vos droits, vos accès, vos liens, votre place. Silas Veyron, agent du Département de Continuité Civique, a longtemps cru servir l'ordre. Jusqu'au jour où un homme est effacé du système pendant quatre minutes et dix-neuf secondes avant d'être retrouvé mort. L'anomalie ne devrait pas exister. Donc quelqu'un l'a rendue possible. À mesure que les incidents se multiplient, Silas découvre qu'Anniciaca n'est pas seulement gouvernée par la surveillance, mais par une mécanique plus profonde : un pouvoir qui ne veut plus seulement contrôler les comportements, mais fabriquer l'adhésion, corriger les écarts intérieurs et réécrire ce que chacun est autorisé à vivre, penser et refuser. Derrière les discours d'harmonie et les promesses de stabilité, Concorde Intérieure avance déjà. Mais dans les sous-sols, les conduites, les ateliers et les marges de la ville, une autre force circule. Son nom : Tiwaz. Non pas détruire. Non pas prendre le pouvoir. Rendre. Restituer. Opposer au registre une autre vérité : celle des vies qu'on a classées, corrigées, déformées au nom du bien commun. Le Maître des données est un polar dystopique Steampunk, politique et nerveux, sur ce qu'il reste de la liberté quand un système prétend tout enregistrer -- et sur ceux qui choisissent malgré tout de ne pas se laisser refermer.