Un artefact mélancolique d’acier sort du sol du désert : vibrant, inébranlable.Le vaisseau volant passe les plaintes du temps pour matérialiser la structure de l’espace qui ouvre l’air. Il supplante les vibrations aquatiques des sables qui inondent mes visions. Je me tiens là, incapable de sortir de l’envie de le poursuivre, tentant de m’accrocher à ce que je crois : un fiel liquide et dorée s’écoule le long de la carcasse rouillée. Je perçois dans mon cœur le sentiment sous-jacent, comme enseveli, de vouloir attraper le temps qui passe avec ce vaisseau, le passé, le futur, de m’y accrocher pour être légitime dans cet espace, ici et maintenant, maintenant que tout est fini, que le monde est détruit.