Coup de chien restitue un périple, ou plus exactement la traversée d’une longue nuit intérieure qui est d’abord celle du langage : des éclairs qui lui sont propres, des paysages qu’il révèle et efface tour à tour. Dans les chambres de l’hôtel Bingo Plaza, autour d’un corps endormi des scènes se dessinent, des personnages émergent pour s’évanouir aussitôt, un chien-loup errant apparaît par instants, plus fascinant qu’effrayant. Il y a aussi un casino, une Elsa surgie d’un autre livre, des illuminations foudroyantes, des éclaircies plus apaisées. Tentée par le récit – tout en l’évitant – l’écriture syncopée d’Aurélia Declercq s’acharne avant tout à fixer des vertiges, plongeant dans la matière la plus lointaine du langage pour en ramener et déchiffrer sa propre énigme : que la poésie édifie peut-être, à notre insu...