Autrefois, les cartographes signalaient les terres inexplorées et dangereuses par ces mots : Hic sunt leones… Chacun d’entre nous doit vivre avec ses limites, les connaître… Enfin, en théorie, parce que certaines personnes manquent de discernement. Lui, son problème, ce sont ses hésitations amoureuses et ses ambitions littéraires absurdes, la conjugaison de ces deux forces magnétiques... Il le sait… Il a besoin d’en parler, d’être écouté, de montrer ses plaies, de comprendre aussi pour quelle raison il n’a jamais pu franchir certaines frontières et connaître l’amour, la tendresse, le partage, la sincérité, comme tout le monde… Alors, il déballe son passé, sans pudeur, sans dignité, outrancièrement brutal comme si cette confession pouvait changer quelque chose après tout ce temps… Son existence n’aura été qu’une longue suite d’échecs : il n’a pas loupé une occasion de se planter sans jamais tirer les leçons de ce qui lui arrivait. Il s’est fait mal, il s’est perdu, il s’est humilié, pour ne rien obtenir finalement, bref, Hic sunt leones, c’est l’histoire d’un type indécrottable et pathétique… On finit par comprendre que ses préjugés, ses idées fausses, son sexisme endémique, son immaturité chronique ont toujours pollué son rapport aux autres, qu’il en a souffert… En fait, il était incapable d’aimer ; résultat : il a raté sa vie.