En deux siècles, Homo sapiens a modifié le climat, transformé les terres et les océans, fait disparaître des espèces par milliers et concentré entre quelques mains un pouvoir de destruction planétaire. Jamais une espèce n’a disposé d’une telle puissance. Jamais elle n’a été aussi vulnérable à elle-même. Notre époque est devenue un miroir ; elle nous renvoie une question simple et vertigineuse : sommes-nous à la hauteur de ce que nous sommes devenus ?Notre évolution biologique est lente. Elle se mesure en millénaires. Nos technologies, elles, transforment le monde en quelques années. Entre les deux s’est creusé un écart dangereux : celui qui sépare notre puissance technique de notre maturité culturelle.Nous n’avons pas de planète B. Mais nous pouvons devenir un Homme B. Homo mundi n’est ni une utopie ni un programme politique. C’est une nécessité culturelle pour la survie de l’espèce. Il ne s’agit pas d’unifier le monde, mais de reconnaître ce qui nous relie : une origine commune, une communauté de destin, une vulnérabilité partagée, une responsabilité collective. Si Homo sapiens a conquis la planète, Homo mundi doit apprendre à en prendre soin. Homo mundi est un humain qui accueille une part d’identité du monde dans sa propre identité.Le chemin sera long. Autant commencer tout de suite.Ce livre est une préface et ses lecteurs peuvent y contribuer.