Ça fait bientôt un mois que nous sommes au Québec et j’ai l’impression d’être à ma place; je n’ai jamais été sereine à ce point pendant toutes mes années passées sur l’île. Je suis adossée sur la clôture, le regard perdu vers le pré. Les quatre chevaux broutent et Fanny ne quitte pas son fils des yeux. Je me demande si ma mère a trouvé une aussi grande satisfaction que moi lorsqu’elle a débarqué sur un nouveau territoire. Parlant de femmes aux cheveux roux, je me questionne sur l’identité réelle de Jocelyne Michaud. Une femme qui sait parler aux animaux ne devrait pas se trouver sur ce continent. Je vais devoir faire ma petite enquête. Mes pensées dérivent jusqu’à Ophélie, qui rayonne de bonheur dès qu’elle me parle de son beau Thomas. La voir tomber en amour me rend heureuse, même si je redoute le moment où elle se rendra compte qu’ils ne sont pas compatibles. Elle a une famille qui l’a