Sous les franges jaunes et rouges d’une tente de toile, la grande danseuse a fini de danser. La nuit tiède venue du sud les fait frissonner; des autos noires, de luxe, silencieuses et souples, s’arrêtent au bord du trottoir: l’or ou l’argent d’un soulier de bal, puis, derrière la vitre, un visage de femme, un peu las sous les fards, mais fier, heureux d’avoir été vu trois heures durant au fond d’une loge. Dans ces récits où l’opulence frôle l’ennui, le quotidien se déplace d’un rien et bascule vers l’étrange. De La Hache à d’autres tableaux, L’ange du bizarre dévoile l’envers d’un monde mondain, ses scintillements et ses ombres. Une invitation à écouter le bruissement des soies et le souffle du vent, là où, derrière la vitre, quelque chose d’insolite passe.