Réédition des Cahiers de Douai d'Arthur RIMBAUD dans une perspective qui allie respect du patrimoine littéraire français et lecture par des contemporains.Le texte intégral est annoté et précédé d'une préface d'une quinzaine de pages de Franck CAPPI qui présente l'auteur, l'oeuvre et son contexte.----------------------------Automne 1870. Un adolescent de seize ans fuit Charleville, sa ville natale, sa mère inflexible, l'étroitesse d'un monde qui ne mérite pas son génie. Il arrive chez son professeur Georges Izambard, à Douai, avec dans ses poches des poèmes. Des poèmes comme on n'en a jamais écrits.Ce que tient entre ses mains le lecteur, c'est l'un des miracles les plus foudroyants de la littérature française : vingt-deux poèmes composés en quelques semaines par un enfant qui réinvente tout : la langue, le vers, le regard porté sur le monde. Ici naissent Sensation, ivresse de marcher pieds nus dans l'herbe fraîche, et Le Dormeur du Val, où la beauté d'un paysage se retourne soudain en horreur muette. Ici Rimbaud est encore adolescent, amoureux de Verlaine, de Victor Hugo, de la liberté, mais déjà absolument lui-même : insolent, visionnaire, brûlant.Ces cahiers manuscrits, confiés à Izambard puis à Paul Demeny, constituent l'aube d'une œuvre qui allait tout changer. Avant Une Saison en enfer, avant les Illuminations, avant le silence définitif, il y a ces pages : tendres et rageuses, classiques et révolutionnaires, traversées par la guerre, la route, la faim, et cette certitude absolue d'avoir quelque chose d'urgent à dire au monde.Lire les Cahiers de Douai, c'est assister, stupéfait, à l'embrasement d'un génie.