Sur les pas d'une icône sacrifiée de la télévision en noir et blanc
Denise Glaser. Un nom, une femme, une histoire d'un autre siècle, celui de la télévision en noir et blanc et des disques 45 tours. Voix singulière, regard profond, séduction magnétique, tenues excentriques, elle était la productrice et l'animatrice d'une émission mythique : " Discorama ". De 1959 à 1975, le meilleur de la chanson – Gainsbourg, Polnareff, Ferré, Moustaki, Dalida, Véronique Sanson, Joan Baez, Barbara... – entrait dans les foyers français au fil d'une conversation ponctuée de silences. Si la " reine du silence ", comme disait Catherine Lara, parvenait à faire éclore la parole vraie de ses invités, Denise Glaser a ménagé un mystère autour de sa vie intime et fabriqué son image télévisuelle pour mieux masquer ses fragilités.
" Je suis quelqu'un qui échappe ", disait-elle. Ni mari ni enfants, peu de témoins : comment approcher le " mystère Glaser " sans mener une enquête ? À Arras, où elle est née en 1920 de parents juifs dont la boutique sera " aryanisée " en 1940. À Clermont-Ferrand, où l'" étudiante israélite " s'inscrit en Lettres et entre dans la Résistance aux côtés de Dominique et Jean-Toussaint Desanti. À l'hôpital de Saint-Alban, en Lozère, où, réfugiée pour échapper aux rafles, elle rencontre ceux qui vont révolutionner la psychiatrie et laisser une empreinte sur sa future méthode d'interview. Celle qui voulait devenir pianiste découvre les clubs de Saint-Germain-des-Prés après-guerre, où sa rencontre avec Frédéric Rossif va lancer sa carrière. Avec Lucien Morisse, futur patron d'Europe n°1, elle collabore en 1949 au premier journal télévisé. Sanctionnée par la télévision gaulliste en 1963 pour avoir invité Jean Ferrat à chanter " Nuit et Brouillard ", elle sera finalement écartée de l'ORTF en 1975 et finira sa vie en 1983 dans la misère et la solitude. Elle laisse 350 heures d'émissions qui tissent une histoire de la chanson française.
43 ans après sa mort, Denise Glaser reste une référence pour l'art de l'interview. Pour l'arracher à ses silences et tenter d'élucider ses paradoxes, Corinne Bacharach a visionné des centaines d'heures d'images, fouillé les archives départementales et familiales, exhumé des documents rares, interrogé ses assistantes, rencontré des témoins dont son ami Bertrand Delanoë ou Maxime Le Forestier.
Publication : 24 septembre 2026
Intérieur : Noir & blanc
Support(s) : eBook [ePub]
Contenu(s) : ePub
Protection(s) : Marquage social (ePub)
Taille(s) : 0 octets (ePub)
Langue(s) : Français
Code(s) CLIL : 3641
EAN13 eBook [ePub] : 9782809853285