« Le nom d’Europe, créé par les Grecs, ne désignait d’abord que la région du Sud-Est voisine de l’Asie ; il a été étendu aux pays sur la rive nord de la Méditerranée, puis aux pays voisins de l’Océan, enfin à ceux du Centre et de l’Est à mesure qu’ils sont entrés en relation avec le monde méditerranéen. C’était un terme géographique qui n’impliquait l’idée d’aucune communauté entre les habitants. C’est seulement dans les temps modernes qu’en comparant les peuples de l’Europe avec ceux des autres continents, on a reconnu un fond commun de sentiments et d’usages qui leur a donné la conscience, d’ailleurs assez vague, d’une communauté européenne »…
Ce livre traite de l’histoire comparée de tous les peuples d’Europe depuis les temps les plus anciens jusqu’à nos jours. Soixante ans passés à étudier et à enseigner l’histoire de tous les pays m’ont donné l’occasion de comparer entre eux tous les peuples de l’Europe à tous les moments de leur histoire.
En comparant les aventures des différents peuples et leurs conditions de vie, je suis parvenu à dégager de la masse énorme de connaissances accumulées par les spécialistes, quelques ressemblances générales et à discerner comment elles se sont formées. J’en ai distingué deux sortes, les unes résultant de conditions semblables mais indépendantes, les autres acquises par l’imitation d’un modèle unique créé par un seul peuple…
Toutes les transformations ont été produites par des actes humains. Mais les actes eux-mêmes ont été inspirés ou dirigés par des motifs, passions, désirs, croyances, connaissances, règles de conduite, surtout par le souvenir du passé qui crée la tradition et les règles, ou par l’idée de l’avenir d’où naissent les entreprises et les progrès.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Charles Seignobos fut historien, spécialiste de la IIIe République. - Il fut pour un temps élève de Stéphane Mallarmé. Après de brillantes études à l'École Normale Supérieure, où il suit les cours de Fustel de Coulanges et de Ernest Lavisse, il finit premier à l'agrégation d'histoire.
Il part ensuite étudier deux années en Allemagne. Il s'installe quelque temps à Göttingen, Berlin, Munich et Leipzig. Nommé maître de conférence à l'université de Dijon en 1879 ainsi que professeur aux Écoles des Hautes Études Internationales et Politiques (HEI-HEP), il soutient sa thèse de doctorat en 1881, puis est nommé à la Sorbonne. Il est considéré comme un des deux fondateurs, avec son ami le physiologiste Louis Lapicque, de la communauté scientifique et humaniste « Sorbonne-Plage », à L'Arcouest, près de Paimpol.
Il succède à son père à la mairie de Lamastre. Il meurt en avril 1942, après avoir été placé en résidence surveillée à Ploubazlanec en Bretagne.