« Jeanne d’Arc est la dernière héroïne des temps modernes,… c’est elle qui vient en quelque sorte clore la liste de toutes ces femmes guerrières que nous voyons briller dans les romans de chevalerie. »
On peut dire de Jeanne d’Arc qu’elle est entrée dans notre histoire comme les divinités de l’ancien monde entraient dans le mythe : la terre tremble sous le choc des batailles, les tueries se succèdent sans intervalle, remparts démantelés, donjons incendiés, assauts livrés et repoussés, villes perdues et regagnées, et, du milieu de ces horreurs, de ces paniques, de cet abandon universel dans le désespoir, ses ivresses et ses folies, une jeune fille armée en guerre surgit tout à coup, valeureuse et simple, indomptable, inspirée, bonne au pauvre monde. Deux ans à peine lui suffisent pour retourner la fortune du pays, et, sa mission achevée, elle disparaît dans les flammes d’un bûcher…