Cet ouvrage explore avec rigueur et profondeur l’évolution du système juridique africain, de l’époque précoloniale à la période postcoloniale. Il met en lumière la trajectoire d’un droit en constante transformation, passé d’un modèle endogène, enraciné dans les valeurs communautaires et la sagesse coutumière, à un système importé, façonné par la domination coloniale. Avant la colonisation, les sociétés africaines connaissaient un droit vivant, souple et oral, orienté vers la conciliation et la cohésion sociale. La colonisation bouleversa cet équilibre en imposant un droit étranger, souvent utilisé comme instrument de domination politique et économique. De cette confrontation naquit un dualisme juridique dont les séquelles persistent encore aujourd’hui.
L’auteur analyse avec précision les continuités et les ruptures qui ont marqué la construction du droit postcolonial, en insistant sur les défis contemporains liés au mimétisme juridique, à la faible effectivité des normes et à la crise d’identité du droit dans les États d’Afrique. En s’appuyant sur le cas de la Guinée et d’autres États francophones de la sous-région, l’ouvrage plaide pour la refondation d’un droit africain authentique, conciliant héritage coutumier et exigences modernes de l’État de droit. À travers une approche historique, comparative et critique, ce livre invite à repenser la place du droit dans les sociétés africaines contemporaines. Il appelle à une véritable décolonisation juridique et intellectuelle, fondée sur la reconnaissance du pluralisme normatif et la valorisation des traditions juridiques locales, pour bâtir un droit efficace, légitime et véritablement africain.