Quelque part au cœur de l'Auvergne, là où se meurt Magdeleine, Jeanne l'aime. Et même si elle déteste profondément l'aimer, elle ne sait faire que l'aimer. C'est un peu comme si elle était née pour ça puisqu'il n'est que cela qu'elle puisse vraiment éprouver ici-bas. Ainsi l'attend-elle dans ce silence passionnel, cette intensité tout enrobée des dentelles et des parfums capiteux, des médaillons cachés dans les tiroirs secrets de sa grand-mère, de sa mère : de leurs amours éternels. De leurs drames magistraux. Or, justement, le passant du sentier perdu est de ces hommes dont on fait les légendes. Il porte à la bouche les baisers enfiévrés des héros, et à ses prunelles sombres, la gravité essentielle aux êtres d'exception. Il est celui-là qui sait. Parce qu'il est des rencontres qui vont au-delà de l'amour, au-delà de la chair, qui touchent jusqu'à l'âme, Jeanne revit l'histoire de sa famille à travers la sienne ; femmes éprises avec bien trop de cœur et n'ayant appris à lutter. Elle frôle avec le sien, ce qu'il y a au-delà : une transcendance dont elle est héritière. Une démesure qui l’emmène vers cet homme comme on va au bûcher. Car il existe quelque chose en soi qui doit mourir, c'est la règle.