Paris 1973 Tout chez Françoise évoquait la courtisane ; de la jolie fille timide, il ne restait plus que la beauté du visage, tant le désir d’appâter venait pour la première fois de faire ressentir à Martin son sex appeal ; dans ses cheveux relevés sur la tête, ne manquaient que les bijoux sertis de pierres précieuses pour lui rappeler la Demoiselle de Sigiririya de la célèbre fresque de Ceylan. Et, il revit la jeune femme représentée sur les murs d’une forteresse royale perdue en pleine jungle, qu’il avait découverte dans un article publié à l’occasion d’une visite d’Indira Gandhi dans l’île. Nul besoin de rester à écouter ce ramassis d’hypocrisies, décida-t-il, constatant amèrement que son départ passait totalement inespéré.Il erra dans Paris, allant où ses pas le guidaient et se retrouva Gare Saint-Lazare, traînant sa misère dans l’anonymat de la foule qui s’y pressait ; dans la joie des couples enlacés il voyait Françoise et Patrick. La conviction de sa petitesse était à la mesure de sa rage envers celui qu’il avait investi d’une puissance d’autant plus grande que Françoise lui apparaissait inaccessible ; que Patrick fût marié avait dû apparaître si exotique à Françoise, pensa-t-il, outré par cet orgueil mal placé des femmes qui trouvent un charme particulier aux hommes mariés et il se vautra dans l’autoflagellation et la souffrance, imaginant les ébats de Françoise avec Patrick.