Période obscure à la mémoire des Français, la guerre d'Algérie est pourtant le contexte historique matriciel du passage de la IVe à la Ve République. Comment la France, en pleine guerre, en est-elle arrivée à changer de constitution pour préserver ses appareils politiques drageants de la perte de son empire colonial ? Ce livre ouvert à la question par l'examen du parti socialiste S.F.I.O., un des principaux protagonistes des événements, et peut-être le seul parti parlementaire à y avoir survécu.
« L'Algérie, c'est la France », proclamait le gouvernement en 1954. « Oui mais...une autre France », rétorquaient les socialistes, projetant de créer « une fédération franco-maghrébine, puis de faire faire aux peuples...l'économie de l'étape d'étroit nationalisme ». Invraisemblable utopie, ou montage savant de faux semblants ? De fait, les socialistes ont investi en Algérie une somme d'idéaux dont « la vieille maison » était l'expression concrète. Qu'en est-il resté dans cette guerre où, en France, les armes étaient des mots, les batailles étaient d'opinion et les blessures subjectives ?