Nous lisons La vie inexprimable comme des méditations d’un lecteur attentif aux signes du monde : poèmes, amour –ce feu premier auquel le poète retourne sans arrêt.Jacques Gauthier tient au plus simple cette poésie d’un homme dans l’amour. Du corps au poème, on assiste à une démarche pleine, assumée, incarnée. C’est-à-dire que nous sommes avec le poète dans la vie même. Poésie et spiritualité, côte à côte dans l’incandescence d’une absence, où se manifeste la tension entre parole et silence, vie et mort.Il en retire moins une vérité que le mouvement que cet amour a cherché à former, que la présence qu’il cherche à donner.En épilogue, son art poétique cristallise sa démarche : dépossession de soi, étonnement de vivre, merveilleux, révélation de l’infini, autant d’échos d’une volonté de communiquer avec l’autre une espérance fondatrice.Le poète se donne, comme on le dit d’un don.