Au début des années quatre-vingt, Armand Gatti a déjà écrit quarante pièces de théâtre, il a réalisé six films, il a connu la plupart des pays du monde, des guerres, des maquis... Tout porte à penser – et d’ailleurs la demande lui est clairement exprimée – que le temps est venu de prendre du recul, de faire œuvre autobiographique. Gatti ne dit pas non. Le poème est la forme la plus apte à répondre à l’énigme du « je ». Mais la part en trop, toujours, vient dérégler les perspectives, multiplie les possibles, impose l’image – d’où le scénario. Enfin, la forme théâtrale s’avère nécessaire. Trois genres donc, pour un même texte qui constitue, tant par la manière que par le contenu, un véritable portrait de l’homme et de l’écrivain.