Il est possible de PENSER EN SYNCHRONIE, c’est-à-dire de dépasser résolument les antagonismes et la posture exclusiviste qui caractérisent l’arène scientifique. Il est donc nécessaire de penser la possibilité d’une nouvelle conception de la connaissance, une posture épistémologique éloignée de tout instinct d’hégémonie ou d’exclusivisme revendiquant le monopole de l’unique connaissance véritable. Le travail scientifique devra se faire dans une rationalité ouverte, non seulement pétrie des réserves nécessaires, mais aussi et surtout, reconnaissante de la valeur de tous les efforts fournis depuis plusieurs régions du monde, pour approcher le réel et apporter des éclairages possiblement divergents, fût-ce sur un même objet. Telle est l’intuition d’une épistémologie qui a la synchronie ou la synchronicité pour notion-clé, l’Epistémologie Fourmilière. Il s’agit de donner forme opératoire à une posture épistémologique pour laquelle la lumière apportée par une nouvelle description de la réalité, quoique contradictoire, ne signifie pas élimination, mais amélioration, complément apporté à l’incomplétude de toute connaissance scientifique. Le passage d’une posture exclusiviste à une posture de complémentarité et de coédification épistémologique s’impose car le réel est par nature protéiforme, complexe et multimodal.