Anna dessine depuis l’enfance. Son talent hors-norme n’a pas échappé à Maria Manzoni, galeriste star, qui lui propose de la représenter.
Anna devrait se réjouir : pour elle comme pour ses amies artistes, ce genre de contrat est un graal qui permet de vivre de son art. Pourtant, quelque chose la paralyse : ce n’est pas seulement la pression du marché, mais aussi le syndrome de l’imposteur et peut-être le trouble d’arriver au but tant convoité... Les émotions de l’enfance lui reviennent en plein cœur. Rejet, culpabilité, une amitié fondatrice qui se fissure sous le coup de la jalousie... Aurait-elle trahi l’essentiel en chemin ? Alors qu’elle doit préparer sa première exposition individuelle, Anna est prisonnière d’une toile blanche. Meurtrie par le dilemme entre conformisme et liberté, elle essaie, surtout, de rester fidèle à ce qu’elle est.
Entre mémoire, touches de couleur et âpreté du destin, facetté d’œuvres réelles ou inventées, La bouche pleine de blé explore la fragilité de la création et la question de la légitimité. Une plongée dans le monde de l’art, ses impostures, ses rivalités, sa précarité. Un roman intense et lumineux sur l’exigence d’être soi.
Mayte Gómez Molina est née à Madrid. Artiste des nouveaux médias, elle explore la poésie et la fiction sans hésiter à convoquer le cinéma, la 3D ou la réalité virtuelle. Lauréate 2023 du prestigieux Prix national de Poésie Miguel Hernández, elle écrit La bouche pleine de blé, son premier roman, comme elle créerait un tableau - d’un geste, vif, inspiré, lumineux.