Le mot vient de la langue allemande et signifie « produit de substitution ». Il s’est répandu en France comme dans la plupart des pays européens pendant la Première Guerre mondiale, alors que les difficultés d’approvisionnement obligeaient à remplacer le sucre par la saccharine ou les pommes de terre par les rutabagas.
Nous ne vivons plus dans des temps de pénurie. Pourtant, nous faisons plus que jamais l’expérience de l’ersatz. Une expérience qui s’étend désormais à tous les aspects de nos vies, prenant à la fois des formes matérielles (camelote commerciale, aliments ultra-transformés, contrefaçons) et immatérielles (services numériques qui ne rendent service à personne, bullshit auquel on ne comprend rien, fake news qui désinforment, etc.).
Le problème est que, en comblant le manque par la profusion de substituts fallacieux, et en s’imposant comme un intermédiaire numérique incontournable entre le monde et nous, l’ersatz nous empêche de « mettre la main » sur les choses, c’est-à-dire d’avoir prise sur notre environnement (matériel et virtuel) aussi bien que sur les évènements qui y surgissent.
Comment sortir de cette « ère du toc » ?