Résumé

L'ouverture récente d'archives permet à David Dufresne d'enquêter sur 13 des principaux artisans du Front national des origines. À travers les parcours d'anciens collaborationnistes, militants antisémites, vétérans de la Waffen-SS ou activistes de l'Algérie française, il montre que la respectabilisation de l'extrême droite fut, dès 1972, un projet politique assumé.

En 1972, Jean-Marie Le Pen dépose les statuts du Front national. Sa mission : ripoliner l'extrême droite, la dédiaboliser – déjà. Il est la vitrine " présentable " d'un groupuscule qui entend s'extirper du camp des vaincus de l'Histoire. L'arrière-boutique compte toutes les familles nationalistes. Victor Barthélémy (secrétaire du FN) fut le secrétaire général du collabo pronazi Jacques Doriot ; d'autres ont servi Vichy, endossé l'uniforme de la Milice (François Brigneau, vice-président), celui de la division SS Charlemagne (Pierre Bousquet, trésorier ; André " Tonton Panzer " Dufraisse), parfois les trois (Léon Gaultier). Il y a les nostalgiques de l'Algérie française (Pierre Sergent, l'un des chefs de l'OAS-Métro), François Duprat, l'un des principaux introducteurs du négationnisme dans l'extrême droite française, plusieurs militants ouvertement antisémites, et les agités d'Ordre nouveau. Ils sont les 13 salopards.
Dès l'origine, leur soif de respectabilité est un dispositif, pas une conversion. La plupart ont brouillé leur passé, l'un (François Duprat) a été assassiné dans des conditions jamais élucidées.
Leur histoire cogne notre présent : elle dit de quoi précisément le FN était le nom, et le RN son rejeton. Marine Le Pen n'a jamais repoussé cette part d'ombre : " Je prends l'ensemble de l'Histoire de mon parti et j'assume tout ", lâche-t-elle en 2011, en devenant sa cheffe. Aujourd'hui encore, le logo du RN est celui du FN, emprunté à un parti néofasciste italien. Ses prétendues " brebis galeuses " présentées aujourd'hui comme des exceptions ou des dérapages renvoient pourtant à des traditions politiques présentes dans le parti dès sa fondation.
Depuis des années, David Dufresne guettait l'ouverture des archives (cinquante ans) pour dépiauter des milliers de pièces inédites : notes des RG, rapports de la Préfecture de police, procès-verbaux. Fidèle à son style d'investigation ( Tarnac, magasin général, Remember Fessenheim ), l'auteur mêle documents et fragments d'époque, trajectoires en vrilles et haine en marche : treize portraits en récits noirs, entrecoupés de lieux et d'objets, dont ce poignard des Jeunesses hitlériennes gravé " JM Le Pen, 1er REP ", oublié en 1957 dans la maison d'Ahmed Moulay après sa torture et sa mort dans la Casbah d'Alger.
En 2027, aux portes du pouvoir, les héritiers de cette histoire ne pourront plus la nier. Elle est leur ADN.

Caractéristiques

Collection : Cahiers libres

Auteur(s) : David Dufresne

Publication : 4 février 2027

Intérieur : Noir & blanc

Support(s) : eBook [ePub]

Contenu(s) : ePub

Protection(s) : Marquage social (ePub)

Taille(s) : 0 octets (ePub)

Langue(s) : Français

Code(s) CLIL : 3644

EAN13 eBook [ePub] : 9782348095887

EAN13 (papier) : 9782348095870

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