Le cap Guardafui, extrême avancée de l’Afrique dans l’océan Indien, inscrit son histoire aux côtés de celle de ces caps mythiques qui hantent depuis des siècles les récits des marins. Depuis la haute Antiquité, il est connu des navigateurs égyptiens qui venaient chercher au Ta Neter, « le pays des dieux », les gommes aromatiques sacrées, l’encens et la myrrhe nécessaires à leurs cultes.
Au fil des siècles, après les Grecs et les Romains, ce sont les navigateurs arabes puis portugais qui, au XVIe siècle, conféreront à ses parages leur infernale réputation. Celle-ci sera largement corroborée aux XIXe et XXe siècles par les journalistes et les auteurs narrant drames et fortunes de mer sur ses écueils et ses plages, au pied de ses falaises.
Dans la Somalie contemporaine, le cap Guardafui s’inscrit dans une nouvelle histoire, associée à la piraterie. Aussi ses riverains constituent-ils un microcosme particulier. Les Somali Majeerteen deviennent tour à tour pilleurs d’épaves, pirates, naufrageurs, pêcheurs, mais aussi cultivateurs de palmiers, d’aromates et d’encens, éleveurs et nomades.
Cet ouvrage se propose d’étudier cet « entre terre et mer » sous ses aspects les plus originaux : géographique, économique, géopolitique, maritime, historique, littéraire, cartographique et patrimonial. Une aventure étonnante, passionnante et ignorée.