' On pourrait dire que c’est une ville fantôme. Mais les fantômes, ici, ont des visages. Ils ont faim, ils rient, ils travaillent, ils s’endorment contre les statues. '
C’est une promenade sans but, une errance au hasard des venelles de la grande ville, la plus peuplée au monde, dit-on. Mais, au-delà de la cohue, Kolkata abrite une vie secrète, nocturne, onirique. Des années après y avoir séjourné, Atiq Rahimi découvre une série de photos prises dans la même cité par son ami Dana Farzanehpour. En se projetant dans ces clichés, il retrouve l’envoûtement qui l’a tant marqué. Il entre dans des boutiques obscures, croise un photographe de fantômes, rêve le destin d’un ouvrier qu’il imagine venu d’ailleurs. Au cours de cette rencontre entre deux voyages, une multitude de visages murmure au poète des histoires d’exil et de solitude, mais aussi de lumière et de transmission.