Le prix de la poésie africaine, Tchicaya U Tam’si, fondé par le Forum culturel Afro-Arabe (Forum d’Asilah) a été décerné en 1993, à l’unanimité du jury international, au poète sud-africain MAZISI KUNENE, pour l’ensemble de son œuvre. Né en 1930 à Durban, a été initié, dès sa plus tendre enfance, aux traditions de l’oralité zouloue, et toute sa vie sera consacrée à l’apprentissage des traditions littéraires de son peuple (chant des louanges, aphorismes…). En 1953, nous le retrouvons à l’université du Natal, et il poursuit ses recherches à Londres, où il présente une thèse de doctorat qui traite de la tradition orale zouloue. Militant de la lutte contre l’Apartheid, il subit les affres de l’exil de Rome au Lesotho, du Lesotho à la Californie où il a demeuré en tant que professeur des langues et littératures africaines. Il vit actuellement en Afrique du Sud. Son œuvre poétique est considérable ; certaines de ses épopées comptent plus de 16 000 vers. Nous comptons parmi eux : Zulu Poems (Poèmes Zoulous, André Deutsch, 1970), puis de Emperor Shaka The Great, a Zulu Epic (Chaka le Grand, Empereur, une épopée zouloue, Heinemann, 1979), suivi de Anthem of the Decades, a Zulu Epic Dedicated to the women of Africa (Le Motet des décennies, une épopée Zouloue dédiée aux femmes de l’Afrique, Heinemann, 1981), et de The Ancestors and the sacred mountain (Les Ancêtres et la Montagne sacrée, Heinemann, 1982), et d’autres poèmes et études littéraires, surtout sa fameuse préface à une édition du Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire, le pionnier de la Négritude. Après Edouard J. Maunick (1989) et René Depestre (1991), le prix de la poésie africaine honore une grande voix poétique de l’Afrique, exigeante et généreuse, et qui présente des affinités électives avec le grand poète Congolais disparu Tchicaya U Tam’si.